|
La mélatonine est connue
pour son rôle de régulatrice des cycles du sommeil dans l'organisme. Elle
est produite dans le cerveau par l'épiphyse et contrôle les cycles du
sommeil tout en jouant un rôle important dans les processus de guérison et
dans la protection anti-oxydante. De nouveaux éléments semblent montrer
qu'elle joue en outre un rôle régulateur encore plus grand dans le système
digestif.
Le système digestif
humain est considéré par de nombreux experts comme étant le "second cerveau" en
raison de sa capacité à produire des neurotransmetteurs. De plus, le système
digestif fonctionne selon des schémas rythmiques similaires aux ondes
cérébrales et possède un réseau de communication avancé, équivalent à celui
du cerveau. La mélatonine semble jouer un rôle très important dans la
régulation de ces schémas, à la fois dans le cerveau et dans les viscères.
La quantité de
mélatonine dans le système digestif est 400 fois plus grande que dans la
glande épiphyse.
La mélatonine est produite par des cellules spécialisées des parois
gastro-intestinales appelées entéro-endocrines. Cette super hormone est
présente dans toutes les parties du transit gastro-intestinal ainsi que dans
le pancréas et le foie.
Les membranes muqueuses
des viscères sont littéralement bourrées de microbes. La plupart d'entre eux
ont une relation symbiotique avec l'individu hôte. Ce monde interne et
prospère de bactéries secrète des endotoxines tout au long de la journée.
Quand le niveau de ces endotoxines atteint une concentration adéquate, une
réponse immunitaire menée par les cytokines interleukines-2. On considère
que le sommeil correspond en fait à cette réponse immunitaire.
Le cycle du sommeil
commence avec la production de mélatonine par la glande épiphyse. Au milieu
de la nuit, l'hormone prolactine est secrétée en grande quantité. Ces 2
hormones favorisent une réaction immunitaire qui réduit la flore intestinale
afin de restaurer un équilibre salutaire. Ce processus vise également les
virus, les bactéries pathogènes, les produits chimiques artificiels ainsi
que les protéines étrangères à l'organisme.
Ce cycle complet dure 8
heures afin que la production de la quantité nécessaire de mélatonine et de
prolactine puisse avoir lieu. En cas de sommeil trop court, ces hormones ne
peuvent complètement renforcer le système immunitaire afin que celui-ci soit
suffisamment efficace pour débarrasser le système gastro-intestinal de la
flore microbienne en excès ainsi que des débris toxiques. Chaque nuit avec
un sommeil insuffisant handicape le système immunitaire et conduit à une
baisse de production de lymphocytes T et de cellules tueuses naturelles.
A l'intérieur des
viscères, la mélatonine est un important régulateur de la motilité et de
l'inflammation. Elle module l'inflammation par sa capacité à contrôler les
radicaux libres et les molécules inflammatoires grâce à sa puissante
fonction anti-oxydante. En outre, elle influence les bactéries intestinales
et la formation des lymphocytes T-auxiliaires.
Des bactéries intestinales saines associées aux lymphocytes T-auxiliaires
permettent d'équilibrer le système immunitaire et de réguler les niveaux
inflammatoires.
La mélatonine est connue
pour permettre d'améliorer la microcirculation au sein des viscères ce qui
encourage la régénération épithéliale. En outre, elle maintient le taux de glutathione
et prévient la cessation de production de l'enzyme lysosomale. Ceci est très
important car une inflammation trop élevée dans les viscères conduit à
l'infiltration de la paroi intestinale, au syndrome de l'intestin irritable,
à la colite ulcérative, aux maladies auto-immunes, etc...
Lorsque nous
dormons, le cerveau produit des cycles de 90 mn de sommeil à ondes lentes.
Ceci est suivi de périodes de mouvements oculaires rapides durant lesquels
se produisent les rêves. Durant la nuit les intestins produisent également
des contractions musculaires à ondes lentes de 90 mn qui sont suivies par
successions de mouvements rapides. Lorsque les intestins sont pleins au
cours de la nuit, cela peut interrompre ce processus. En outre, de mauvais
cycles du sommeil peuvent fortement affecter la fonction digestive et le
processus de guérison au sein des viscères.
Il a été
démontré que la mélatonine réduit significativement le taux de sécrétion de
cytokine pro-inflammatoire, l'apoptose cellulaire ainsi que les agressions
du côlon en général. Cela est dû à ses effets anti-oxydant, immuno-modulant
et à sa capacité à accroître le flux sanguin. Il est clair que le sommeil
et la fonction digestive ont une interaction étroite qui joue un rôle dans
le fonctionnement du système immunitaire.
|